Le décès brutal d’Alioune Badara Mbengue, survenu vendredi dernier dans l’enceinte du Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, continue de susciter une vive émotion au sein de la communauté. Cet émigré quinquagénaire a perdu la vie quelques minutes après le prononcé d’un verdict le concernant, plongeant proches, voisins et justiciables présents dans la stupeur.
Les résultats de l’autopsie, rendus publics dimanche 24 août à l’Hôpital général Idrissa Pouye de Grand-Yoff, mettent fin aux interrogations et spéculations. Le certificat signé par le professeur Cheikh Mouhamed M. Dia, chef du service d’Anatomie et de Cytologie Pathologiques, et par le Dr Mamadou Ndiaye, médecin légiste, conclut à une cardiomyopathie hypertrophique et ischémique décompensée, aggravée par un infarctus du myocarde et une insuffisance cardiaque congestive. Autrement dit, il s’agit d’une défaillance cardiaque sévère survenue dans un contexte de pathologies chroniques.
Dès la délivrance du certificat médical et du permis d’inhumation, une foule nombreuse a accompagné la dépouille au cimetière municipal de Pikine. Dans une atmosphère empreinte d’émotion, parents, voisins et amis ont tenu à rendre un dernier hommage à celui qui, de l’avis de beaucoup, occupait une place importante dans la vie communautaire.
Le décès d’Alioune Badara Mbengue est intervenu dans un contexte judiciaire tendu. L’homme était jugé en flagrants délits dans une affaire de transaction foncière litigieuse l’opposant à une autre émigrée, Adama M., qui l’accusait d’avoir servi d’intermédiaire dans une opération mal conclue. Durant l’audience, les déclarations du prévenu et celles du témoin Ibrahima K. avaient fragilisé la version de la plaignante. Le juge avait finalement condamné M. Mbengue à six mois de prison avec sursis et à verser 4,5 millions de F CFA à la partie civile.
Mais quelques minutes après le prononcé du jugement, alors qu’il était reconduit vers la Maison d’arrêt de Rebeuss, le prévenu a été terrassé par un malaise fatal, selon L’Observateur.
Avec la confirmation médicale de la cause de son décès, les spéculations liées aux circonstances de ce drame s’éteignent peu à peu. Reste le souvenir d’un homme dont le destin a basculé dans un tribunal, au cœur d’un procès houleux, et qui laisse derrière lui une famille et une communauté profondément endeuillées.
