Une affaire mêlant adultère, jalousie et humiliation publique a secoué Pikine Darou Khoudoss et s’est retrouvée devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. À l’origine : la liaison entre une élève en Terminale et son voisin enseignant marié, qui a provoqué un véritable séisme familial.
Une liaison découverte en flagrant délit
Ndèye Rokhaya D., 20 ans, élève en Terminale S2, entretenait depuis 2023 une relation amoureuse avec Mansour F., enseignant de 33 ans et père de famille. En avril 2025, elle est surprise en « mauvaise posture » dans la chambre conjugale par l’épouse légitime, qui alerte aussitôt les sœurs de son mari. L’affaire prend alors une tournure dramatique.
Humiliations et mégaphone
Quelques jours après l’incident, les sœurs de l’enseignant — Seynabou (23 ans), Marème (30 ans) et Nabou — décident de « défendre l’honneur » familial. Le 15 avril, Rokhaya est publiquement prise à partie devant son domicile. Traités de « prostituées » et de « croqueuses de mari », la jeune fille et sa mère, Maty N., disent avoir été menacées et violentées. La blouse déchirée de l’élève sera même placée sous scellés.
Trois jours plus tard, l’escalade atteint son paroxysme : Seynabou aurait loué un mégaphone pour accuser publiquement la mère et la fille de recevoir des hommes à domicile et de mener une vie « dévergondée ». Pour la famille de Rokhaya, la réputation a été irrémédiablement salie dans tout le quartier. Son père, Ibrahima D., saisit alors la justice.
Une enquête incomplète et un procès attendu
L’enquête policière, bouclée début août, reste partielle : Nabou, présentée comme la principale agresseuse, prend la fuite, tandis que Mansour quitte Pikine pour retourner à Tambacounda. Restent Seynabou et Marème, renvoyées devant le tribunal.
Le procès s’ouvre le 22 août 2025. À la barre, Rokhaya et sa mère décrivent leur calvaire. Les deux prévenues contestent toute violence physique, mais Seynabou reconnaît avoir insulté la jeune fille. « La femme de mon frère l’a surprise nue dans la chambre conjugale. Nous n’avons fait que réagir », se défend-elle. Marème évoque, elle, des provocations répétées de la victime.
Le verdict
Le parquet a requis l’application stricte de la loi. Après délibéré, le tribunal a écarté les charges de violences et menaces, faute de preuves suffisantes. Toutefois, Seynabou et Marème ont été reconnues coupables d’injures publiques et condamnées à six mois de prison avec sursis.
Une affaire qui laisse deux familles brisées et un quartier encore marqué par le scandale.
